(JP)5 Le virus sociétal qui va détruire votre entreprise

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(JP)5 a commencé avec une façon d'être individuelle, puis est devenu un mode de vie. jusqu'à (JP)4 c'est aussi un "business model" que vous identifierez sans aucun souci (nous ne citerons pas de marques ici). Le problème ? c'est qu'à (JP)5 plus personne ne contrôle rien et que le futur n'est pas radieux...

(JP)5 ce sont 5 comportements qui mettent en avant un rapport égoïste et destructeur à notre environnement et aux êtres humains qui nous entourent. Ne vous y trompez pas. Pris séparément ces comportements sont sans incidences, mais cumulés… c'est comme une réaction en chaîne dans une centrale nucléaire. Petit tour d'horizon avec quelques explications.

 

JE PRENDS (JP)

 

Je Prends n'est pas une attitude neutre dans le monde. Cela signifie : "tout est à moi, tout m'appartient". 

Cela signifie aussi, je n'ai pas forcément besoin de payer le prix, car je considère que "tout m'est dû", que "je le vaux bien".

Prendre est de l'ordre de la VOLONTÉ, c'est-à-dire de l'unilatéral. Je prends sans demander l'autorisation, je prends sans me soucier de l'autre; ce qui n'est pas gênant pour un objet, mais qui l'est nettement plus dans les rapports humains où l'autre personne devient "un objet" dont je me sers. Nous sommes loin de la dynamique du DÉSIR, où, précisément le chemin de rapprochement (ou non) est bi latéral. Nous choisissons de nous rapprocher (ou pas).

Je Prends sans limite; rien ne doit venir contrarier mon caprice de l'instant. S'il y a résistance, il y aura violence pour prendre sans ménagement ou caprice, qui est la dynamique culpabilisatrice du faible qui prend le pouvoir.

Je Prends, mets donc en avant 1° une appropriation du monde, 2° une négation de l'autre dans ce qu'il est et ce qu'il désire, 3° une négation des limites

 

 

JE PROFITE (JP)

ENJOY ! Comme le dit le slogan d'une célèbre marque de soda. 

Je Profite là aussi sans me soucier des autres. Mon plaisir est le critère ultime. Tant que j'en ai envie, et de tout ce que j'ai envie.

C'est aussi la thématique de l'Instant déconnecté de la durée : je me moque de savoir ce qui se passera après; je me moque des conséquences de mes actes. Je ne suis, dans mon égoïste égocentrisme que pur présent. Je suis une trajectoire sans objet sur la route de mon plaisir. Je dois, comme le disait le célèbre slogan de Mai 68 "jouir sans limite et sans entrave". Nous mesurons aujourd'hui les dérives (notamment morales) de ce délire de toute puissance puérile.

Profiter c'est donc se couper du temps dans les 2 sens : je me moque de savoir qui me permet de jouir aujourd'hui, du travail et des efforts qui ont été réalisés pour que je puisse faire ce que je veux ici et maintenant. Et je me moque de l'après, non seulement, comme nous l'avons évoqué, dans les conséquences, mais encore plus dans la transmission. Je ne suis responsable de rien et je ne veux rien transmettre. Juste être un "pur moment de plaisir" comme le clame encore un autre slogan publicitaire..

 

 

JE POSE (JP)3

Hélas… Je Pose, car bébé capricieux qui veut jouir sans limite se lasse néanmoins de cette illusion de la Toute-Puissance qui n'est, comme l'illustre si bien la célèbre chanson du groupe AC/DC, qu'une "Highway to Hell", une autoroute vers l'Enfer. Car le plaisir sans limite, sans effort, sans partage, n'a plus de valeur, de goût et perd sa saveur avec la rapidité d'un éclair.

Mais ici, aucun effort… je ne veux, en cette fin de séquence de "profiter" ne pas avoir à "me prendre la tête" comme le disent si bien les jeunes de génération en génération.

Je Pose donc n'importe où, n'importe comment. Sans me soucier de rien. Diogène de Sinope, le fameux philosophe du mouvement Cynique du IVème siècle Avant J-C avait cette belle formule pour illustrer sa pratique philosophique composée d'exercices du corps et de l'âme pour "devenir maître de soi-même" vis-à-vis de ceux qui se laissaient dominer par leurs désirs : "Il faut aussi un temps où, comme vous, je ne pouvais retenir une envie de pisser". Si les termes sont crus et directs, la pensée est claire et plus profonde que les commentateurs n'ont voulu le voir. Ne pas avoir la maîtrise de ses pulsions, de ses désirs, c'est être à un niveau d'existence infra animal

Je Pose c'est exactement cela… j'ai envie, je fais. C'est le niveau 0 de la maîtrise de soi, c'est l'inconscience de soi (au sens de se méconnaître); c'est, pire qu'un animal être l'objet de ses caprices et de ses envies. Le tout en habillant cela du marketing social de "je suis libre, je fais ce que je veux!". Beau retournement de valeurs… Notre société, si elle a perdu la notion de l'effondrement, ne perd pas celui du ridicule.

Je Pose n'importe où , n'importe comment… c'est aussi nier tout ce qui est autour de nous : Nature et Humanité. C'est la vie sans souci et sans responsabilité du nourrisson. Pour les "adultes", ce sont nos célèbres Narcisses Immatures™…

 

 

JE PARS (JP)4

Comme le dit le poète, partir en laissant tout en plan derrière soi, c'est "se réclamer du destin de la feuille morte dans le vent d'automne".

Je Pars c'est l'incarnation ultime de cette irresponsabilité finale.

Je laisse tout derrière moi sans m'occuper de rien. "Après moi, le déluge !"

Je laisse tout derrière moi sans me soucier de personne, dans la fin de l'empathie humaine qui nous a permis (collectivement) de survivre et de nous développer; et surtout… de rester des humains tant que nous sommes connectés à ce que ressentent les autres.

Quand nous ne ressentons plus les émotions des autres, nous sommes prêts à l'indifférence meurtrière ou au crime de masse, car nulle émotion ne nous traverse plus. Un humain ou un objet, c'est égal…

Je Pars c'est aussi et surtout ne plus se sentir lié à un collectif, à une communauté, à ce qui fait sens commun, ensemble…

C'est le délitement ultime qui permet de laisser "aux autres" le soin de s'occuper de tout ce qui a été laissé derrière nous…

 

 

JE PESTE (JP)

Je Peste est le moment de la Grande Révélation des Narcisses Immatures™. Non seulement les 4 JP évoqués devraient mettre les autres en colère devant ces comportements puérils et irresponsables, et ceux qui les pratiquent devraient se sentir, humainement, minables.

Rassurez-vous, il n'en est rien (pour eux). Non seulement ils sont fiers de cette "désinvolture" aussi grotesque que pathétique qui révèle juste le vide sidéral qui les habite. Mais non, ils sont "fiers et désinvoltes" de rester des gros bébés perdus dans leurs rêves inaboutis de "bonheur".

Mais surtout… de "bonheur" il n'y a point… Au contraire : Je Peste vient mettre en avant toute l'insatisfaction des petits jouisseurs sans ambition qui se rendent compte, finalement, que, comme dans les orgies romaines, au petit matin, il est bien peu de plaisir…

Alors, plutôt que de se remettre en question, de comprendre ce qui cloche chez eux, et de retrouver le goût du "faire" pour se "relever", ils vont terminer leur petit cinéma personnel par la complainte, la victimisation et les "ouin ouin" du bébé face à son vide intérieur.

Je Peste, c'est crier, hurler sur les autres. C'est les accuser de Tout pour ne pas se remettre en question, c'est les culpabiliser alors que c'est grâce à eux que (JP)5 a pu profiter de tout sans effort ni en payer le prix…

La boucle est bouclée, car les (JP)5  s'ils sont des tyrans irascibles au quotidien, sont, comme le disait Mao Tsé Toung des "Tigres de papier". Ils ne sont "grands et puissants" que de notre gentillesse, de l'abus de bonté et, aussi de notre incapacité de remettre les point sur les i, voire de nos lâchetés.

 

 

Ne vous y trompez pas : les (JP)5  sont partout… Ils ont envahi les espaces sociaux réels et virtuels. Ce sont mêmes des "business model qui cartonnent". Ce sont aussi des salariés, des managers, voire même des dirigeants… Et là… regardez autour de vous… faites les diagnostic… il ne s'agit pas d'un épiphénomène, mais d'un combat de civilisation. Plus exactement, car les (JP)5 sont des impuissants que nous qualifions de "barbares" par défaut de notre courage, mais ils pratiquent la décivilisation, c'est-à-dire la destruction d'une Civilisation plus grande qu'eux et, étant incapables de construire quoi que ce soit… comme des Termites, ils dévorent; comme des parasites ils phagocytent jusqu'à la mort le corps vivant sur lequel ils sont branchés.

À chacun de jouer son rôle. Nous sommes prêts pour vous aider. Mais vous, êtes-vous prêts à regarder le Réel ?..

 

[Ne manquez pas notre prochain article qui fera suite à ces constations et proposera des pistes d'action...]

 

Sophie Girard & Jean-Olivier Allègre 

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culture d'entreprise

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