Profitez de la vie, de votre vie !

Temps de lecture estimé:
5 minutes

En ce début d'année, nombreuses sont les personnes en quêtes de "bonnes résolutions"; de celles que l'on décrète le 1er janvier et que l'on oublie (pour de bonnes ou de mauvaises raisons) de mettre en pratique.
Je vous propose aujourd'hui un article à la fois intime et, je l'espère, universel, pour parler de vous, dans vos individualités (et votre caractère unique) et dans ce que nous avons d'Humain…
 
Plusieurs de nos clients ont connu l'année dernière des "alertes personnelles". Je ne parle pas de baisse de chiffre, ou de perte de clients, mais de ces alertes qui nous font revenir à l'essentiel : crise d'épilepsie, maladie grave, problèmes cardiaques, burn out, AVC, etc…
Ces "alertes" dont ils ont "heureusement" réchappé les ont fait se poser des questions que d'aucuns qualifieraient d'existentielles et dont j'aime rappeler qu'elles sont humaines et philosophiques en ce qu'elles interrogent le sens de nos vies (pourquoi est-ce que je vis ? Comment est-ce que je vis? etc...)
Ces "alertes" leur ont fait prendre conscience de la fragilité de nos existences ; ce que tout le monde sait sans jamais vraiment vouloir, fondamentalement en tirer les conséquences… Sans en tirer de réelles conséquences de modifications, de changements de nos façons de vivre, de nos modes d'existence.
Mais elles ont permis qu'ils reviennent à ce qui est, pour eux, important, essentiel, fondateur et fondamental. Et, lorsque j'ai pu travailler et échanger avec eux (en cela le fait d'être "philosophe" change radicalement l'accompagnement "managérial" et la relation que je peux avoir avec les personnes que j'accompagne), ils ont pu non seulement aborder la question de "comment repenser mon travail", mais aussi de repenser leur mode de vie général, global, leur façon d'être au monde.
 
Ayant eu moi-même la "malchance" de vivre une expérience douloureuse entre 12 et 17 ans, j'ai sur le sujet une écoute et un accompagnement qui ne se paie pas de mots et de concepts, de conseils détachés, mais qui a fait l'expérience de l'abîme; ce qui change tout, car elle m'a permis très tôt de prendre conscience de cette fragilité de l'existence, que ma vie ne tenait (littéralement) qu'à un fil, mais aussi que je pouvais être futile, dérisoire et superficiels dans ma façon d'être au monde. Ce qui s'est produit par la suite m'a surtout prouvé que chaque individu a la possibilité, la capacité de transformer sa vie en un "quelque chose" qui fasse sens non seulement pour lui, mais aussi pour et avec les autres. Cette expérience m'a conduit vers la philosophie (pratique d'une vie pensée et pensée vécue) puis vers le conseil en management dans un style très personnel.
 
Mais dépassons ces "alertes", ces témoins de vigilance, et revenons à notre titre : Profitez de la vie, de votre vie !
Il s'agit de s'ancrer dans la vie, c'est-à-dire dans le quotidien. Je sais qu'aujourd'hui nous sommes, sociétalement, en quête d'exceptionnel, de moments uniques, hors du temps du commun des mortels; bref, un temps fort, un moment marquant est nécessairement quelque chose qui ne se reproduira plus… Or, précisément, profiter de la vie consiste à créer et ressentir chaque jour un moment, un événement, une activité qui me porte, me redonne de l'énergie, du sens, etc…
Chacun trouvera ses exemples personnels ; dans mon cas, et pour illustrer le propos cela consiste, dans mes journées si bien remplies à trouver et prendre un moment pour moi, qui fasse sens et me "nourrisse". J'aime ainsi, dans mes nombreux déplacements, prendre le temps de regarder le paysage comme je contemplerais une œuvre d'art; ainsi un paysage qui semblerait parfaitement banal trouve un caractère unique qui me fait ressentir un plaisir esthétique (et pourtant, croyez-moi, je traverse souvent des endroits qui sont, a priori, sans poésie aucune; malgré tout, le regard posé modifie fondamentalement le réel et le transfigure… c'est aussi et surtout, quoi qu'il arrive et où que je sois, pouvoir profiter d'un temps de lecture, de méditation philosophique; pas un jour sans me nourrir d'un auteur… Je laisse à chacun le soin d'identifier ses zones quotidiennes de plaisir qui lui permettent la respiration (au sens propre et métaphorique), cette déconnexion du flux du quotidien qui permet, assez paradoxalement de se reconnecter à soi-même et à s'ancrer dans la vie…
 
Vous serez nombreux à me dire que "profitez de la vie" est un appel à la paresse dans un monde qui, précisément met (médiatiquement) en avant ce qu'il y a de pire en l'être humain. Après tout, le célébrissime Time Magazine n'a t-il pas mis en couverture et à l'honneur de "personnage de l'année 2019" une adolescente qui ne va pas à l'école et qui passe son temps à pleurer, éructer et accuser sans jamais rien faire ? Les exemples seraient ici légions et nous détourneraient du propos initial. Oui, les sirènes sociétales et médiatiques mettent en avant ce type de personnage. Et alors ? Mon existence, votre existence personnelle, intime, doit répondre aux canons sociétaux ? Bien sûr que non, et nous avons tous la possibilité et la capacité d'être à la hauteur de nos existences sans avoir besoin du grand cirque médiatique et sociétal.
Point de paresse ni de laisser-aller dans mes propos ! Notre existence est composée d'un mélange de temps forts, de temps communs que nous ne maîtrisons pas ou si peu; mais elle est aussi composée de "fenêtres" intimes", personnelles; d'espaces que nous pouvons choisir d'occuper, de vivre, de ressentir, à notre façon. Bien sûr nous avons non seulement des obligations professionnelles, sociales, familiales, mais la questions, au-delà de nos moments "intimes" et réellement personnels, et de savoir "comment ai-je décidé de vivre ces moments"?.. Est-ce que je les subis (en ce cas, je ne profite de rien), ou, est-ce que j'ai la capacité de les vivre en y mettant un sens et une implication plus personnelle.
Ces pratiques concrètes pourraient faire l'objet de développement qui occuperaient des pages et des pages; ce n'est pas le propos ni l'objectif ici.
Mais, comment vivez-vous, par exemple votre travail ? Est-il un lieu et un temps de souffrance, de torture ? Un temps nécessaire ? Ou un espace qui permet aussi la réalisation de soi ?... Je sais que vous me direz : " cela dépend du travail et de ceux avec qui nous le réalisons !" Oui et non… et je préfère répondre "non" ! Chacun, quel que soit son emploi, son activité peut (ce n'est pas une certitude) en faire un lieu non seulement d'obligations, mais aussi totalement ou par moments, de réalisation de soi. Ici, comme pour les paysages dont je parlais plus haut, le regard change tout… Je ne dis nullement que c'est facile, mais que c'est possible… L'autre question étant de savoir comment vous vivez également tous les moments hors de la vie professionnelle… Il faut se connaître un minimum pour apprendre (car cela s'apprend) ce qui nous nourrit (et ce qui nous détruit aussi); puis il faut aussi des décisions pour placer, chaque jour ce qui nous nourrit et nous construit dans notre existence…
Je pourrais aussi développer l'importance du management et des managers dans le fait de transformer (ou pas) l'activité quotidienne en enfer ou en possibilités de prendre du plaisir, de s'épanouir…
 
Profitez donc, en cette nouvelle année, de la vie, de votre vie… N'oubliez jamais que vous êtes uniques, et que votre vie n'est vécue que par vous…
 
Jean-Olivier Allègre

Tags
épanouissement personnel,

Manager la crise | Phase 6

Jean-Olivier / 02 juin 2020

Prenez soin de vos managers ! Ils sont le gage que l'ensemble des phases à venir de la crise que nous traversons se passent "le mieux possible" pour l'ensemble de vos équipes...

Comment professionnaliser son management (bis)?

Jean-Olivier / 01 juin 2020

Pourquoi revenir au point de départ de notre premier article?

La réponse est simple : l'Aufhebung... ça ne vous dit rien ? Normal... Alors, lisez...

Inscription newsletter

Pour ne manquer aucun billet de PARRHESIA, laissez-nous vos coordonnées et votre adresse e-mail. Nous serons ravis de vous compter parmi nos abonnés.